Nippon-to
Le
sabre japonais était appelé l’âme du Bushi, il ne se séparait jamais de
lui, le perdre ou le casser étaient synonyme de déshonneur.
Le
Nippon-to a une forme très caractéristique et unique au monde, sa lame est
courbée et une seule face est tranchante. Grâce à un processus de fabrication
très complexe, il est à la fois dur et souple, ce qui lui donne son tranchant
exceptionnel et qui lui permet de bloquer les attaques adverses avec un risque
moins important de se briser. Ces qualités peuvent aussi être un inconvénient,
s’il n’est pas utilisé selon les règles du Kenjutsu, car son tranchant
exceptionnel peut blesser celui qui ne sait pas le manier, et les risques de le
briser sont grands s’il est mal utilisé, ce qui fait de cette arme, le privilège
des guerriers.
Le
sabre japonais combinait beauté et utilité, pour le Bushi il était plus
qu’une simple arme, c’était un objet mystique, car dans la religion Shinto les
Kami (divinités) peuvent avoir l’aspect d’un objet. Le sabre devint le symbole
d’un certain nombre de qualités morales: loyauté, sacrifice de soi, sens de
l'honneur, sincérité, justice et courage.
Le
Bushi vénère et respecte son sabre, il le reliait au notion de vie et de mort.
Le sabre avait deux buts, celui de trancher l’ennemi, mais aussi l’ego du
guerrier, grâce à cette notion tirée du Zen, le Bushi parvient à oublier les
idées qui limitent les capacités humaines telle que la peur, les envies, les
doutes et lui permet de vouer sa vie à la voie du guerrier sans craindre sa
propre mort.
Les différents types de
Nippon-to
Il existe plusieurs types de Nippon-to, le plus ancien est le
Tachi, il se porte avec l’armure, suspendu à
la ceinture par des courroies, le tranchant vers le sol, il est surtout utilisé
sur les champs de bataille, il mesure entre 60 et 160 cm. A l’époque Kamakura
le Tachi devient plus lourd, plus épais, il fallait une grande force pour le
manier.
Au
14éme siècle un nouveau style de sabre apparaît : le Katana, il devient le
sabre préféré du Bushi, plus court, il est plus simple à manier, il se porte
glissé à la ceinture, tranchant vers le ciel et remplace le Tachi dans la vie
courante, il est moins utilisé sur les champs de bataille car à cause de
l’armure il ne peut être glissé à la ceinture. Par la suite le Tachi se
raccourcira et devint de la taille du Katana, le seul moyen de les différencier
est leur monture.
La lame du Katana mesure entre 1 et 2 saku (1 saku = 30cm).
Le
Katana est associé au Wakizashi, sabre court appelé aussi Ko-dachi mesurant 1
saku, il est placé avec le Katana sous la ceinture, tranchant vers le ciel, son
port est autorisé pour les commerçants, mais seul les Samurai ont le droit de
porter ensemble les deux sabres qu’on appelle Daisho. Miyamoto Musashi le plus célèbre
des Samurai utilisait les deux sabres à la fois, il fonda le Niten Ryu où
l’on enseigne la pratique des deux sabres.
La forge du Nippon-to

Le
forgeage du sabre se fait selon un rituel codifié encore utilisé de nos
jours.
De par son caractère sacré le sabre ne peut être forgé que dans un lieu
purifié par le culte Shinto, le forgeron et ses assistants sont habillés en
blancs et doivent suivre un ascèse avant le forgeage.
La
création d’un sabre est une véritable alchimie entre le forgeron et les
manifestations des forces de la nature, la manifestation des Kami se retrouvent
dans l’alliage des métaux et dans le feux de la forge, c’est pourquoi le
forgeage d’un sabre est un véritable acte sacré.
Le forgeron part d’un acier appelé le Tamahagane, un mélange d’acier, de sable et de charbon de bois. Il est chauffé dans un feu de bois, puis plié en deux, plusieurs fois, cela peut aller jusqu’à 100 000 couches, plus il y a de couches, plus l’acier est dur. Puis il sélectionne l’acier le plus chargé en carbone et donc le plus dur, pour faire la partie tranchante et les deux plats de la lame, c’est le Kawagane. L’acier plus souple sert à faire le centre et le dos de la lame, c’est le Shinganae. Le Kawagane et le Shinganae sont soudés ensemble, on obtient un bloc constitué de 5 parties : le tranchant, les 2 cotés, le centre et le dos du sabre. Ce bloc est soudé à un manche pour pouvoir le manipuler. On chauffe ce bloc, puis on l’allonge en frappant dessus jusqu’à qu’il ait la forme d’un sabre. Le processus de trempe du Nippon-to, est unique en son genre, le sabre est recouvert d’argile, la couche d’argile est plus fine sur le tranchant, la lame est chauffée puis trempée dans l’eau, l’acier refroidi plus vite sur le tranchant que sur le reste de la lame, et se transforme en cristaux, c’est pour cela que le Nippon-to coupe comme un rasoir. On distingue une séparation en forme de vague entre le tranchant et le reste de la lame appelée le Hamon. Le sabre est ensuite poli grâce à des pierres volcaniques, ce travail très délicat sert à donner les angles du sabre et à affûter le tranchant.
Puis
la lame est montée sur la Tsuka (poignée), on y place la Tsuba (garde) qui est
souvent orné de décoration, puis on sculpte dans du bois le Saya
(fourreau) .
De nos jours les forgerons utilisent les mêmes techniques pour produire les Katana appelés Shinsakuto. Le gouvernement japonais n’admet la création que de 2 sabres par forgeron et par mois, c’est pour cela qu’ils sont d’une grande finesse, ces sabres sont utilisés par les collectionneurs et par les pratiquants d’arts martiaux (pour l'Iaido à partir du 5ème Dan).

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Lame

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Poignée

Garde
